Utilisation & Bienfaits du safran

La palette d’utilisation du safran est large : cuisine, pharmacologie et médecine, teinture, cosmétique.
En cuisine

Le safran est avant tout un exhausteur de saveurs : il parfume et relève les arômes des plats salés ou sucrés (viandes, poissons, légumes, fromages, desserts, boissons) sans en altérer le goût.

Le safran se caractérise par un goût amer et un parfum proche de l’iodoforme ou du foin. Il possède également une note métallique.

Son arôme chaleureux, sa capacité de coloration unique et ses vertus en font l’épice la plus prisée.

 

Réhydratation du safran

Le safran étant déshydraté à environ 80%, il faut lui laisser beaucoup de temps pour qu’il puisse restituer son arôme et sa couleur. Pour cela il faudra le faire infuser dans le liquide de votre choix (eau, lait, vin, crème liquide, suivant ce que vous cuisinerez) au moins 24 heures à l’avance. 48 heures serait l’idéal !

Votre liquide infusé de safran sera versé dans les dernières minutes de cuisson, de préférence avec les pistils.

Attention, ne le mettez jamais à bouillir ! 

Dosages recommandés pour cuisiner

Pour les plats salés : 2 pistils par personne (soit 6 brins, stigmates ou filaments)

Pour les plats sucrés : 3 à 4 pistils par personne (soit 9 à 12 brins, stigmates ou filaments)

En pharmacologie et médecine

L’utilisation traditionnelle du safran comme plante médicinale est légendaire.
Depuis l’Antiquité, il entre dans la composition de nombreuses préparations, que ce soit en Europe, en Orient, En Egypte, en Chine.

Le safran apparaît dans le papyrus d’Ebers(*) qui est le plus ancien traité médical connu, datant de 1550 avant Jésus Christ, dans lequel il possède son propre hiéroglyphe !

 * Le papyrus Ebers est l’un des plus anciens traités médicaux qui nous soit parvenu :
il aurait été rédigé au XVIe siècle avant notre ère, pendant le règne d’Amenhotep Ier. D’autres égyptologues donnent des dates plus récentes et citent plutôt le règne d’Amenhotep III au XIVe siècle ou XVe siècle avant notre ère (date variable selon les égyptologues).

Découvert par Edwin Smith à Louxor en 1862, il fut acheté ensuite par l’égyptologue
allemand Georg Moritz Ebers, à qui il doit son nom et sa traduction. En 2008, il est
conservé à la bibliothèque universitaire de Leipzig. C’est aussi un des plus longs
documents écrits retrouvés de l’Égypte antique : il mesure plus de vingt mètres de long
sur trente centimètres de large et contient 877 paragraphes, qui décrivent de nombreuses
maladies dans plusieurs branches de la médecine (ophtalmologie, gastro-entérologie,
gynécologie…) et les prescriptions correspondantes.

Ce papyrus représente un des premiers documents humains faisant référence au cancer.

La pharmacopée égyptienne de l’époque faisait appel à plus de 700 substances, tirées pour
la plupart du règne végétal : safran, myrrhe, aloès, feuilles de ricin, lotus bleu, extrait de
lys, suc du pavot somnifère, huile de baumier, résine, encens, jusquiame, chanvre, etc

(info prises sur Wikipédia)

Les bienfaits :

  • Antidépresseur : il est employé dans la dépression légère à modérée.
  • Antioxydant : il neutralise les radicaux libres. Il peut entrer dans l’élaboration de produits cosmétiques.
  • Antispasmodique : il possède des propriétés antalgiques et anti-inflammatoires (il entre notamment dans la composition d’un gel pour les nourrissons lors des poussées dentaires).
  • il soulage le foie fatigué et facilite la digestion.
  • c’est un décontractant musculaire.
  • il possède des propriétés sédatives et s’avère être un allié précieux pour favoriser l’endormissement.

Cure détente et sommeil :

Vous pourrez l’utiliser lors d’une cure de quelques jours sou forme d’infusion:

– le matin mettre 4 à 6 brins par personne (soit 2 pistils maximum) dans un peu d’eau,

– le soir, faire chauffer de l’eau sans la faire bouillir, et verser sur votre eau safranée. Ajouter une infusion de votre choix (verveine, camomille, citron, menthe, …) mais pas de thé!

Contactez votre thérapeute (naturopathe, réflexologue, …) qui saura optimiser les vertus et les bienfaits du safran dans le cadre d’une cure !

 

 

  • Attention, une trop forte consommation de safran pourrait s’avérer dangereuse ! Il faudrait pour cela en ingérer plus de 10 grammes, ce qui est exclut dans la mesure où la consommation moyenne pour un adulte oscille entre 0,01 et 0,02 grammes.
En teinture

Bien que très onéreux, le safran a été largement utilisé dans les colorations et teintures (seul ou associé à d’autres colorants).

Le safran compte 5 colorants différents (des caroténoïdes) solubles dans l’eau, dont la crocine – contenue dans les pistils – est la plus puissante. 1 gramme de safran peut colorer 100 litres d’eau d’un jaune lumineux. Mais d’ans l’eau seule, cette coloration restera instable et pâlira.

Depuis l’Antiquité le safran a servi à colorer des soieries, des draps, des tissus :

  • En Grèce, les tuniques couleur safran étaient réservées aux rois. Plus tard, le safran servira à teinter les voiles des jeunes mariées.
  • Les moines bouddhistes, après la mort du Bouddha, coloraient leurs toges de ce jaune « solaire », cette couleur sacrée symbole de pureté, de sainteté et d’immortalité.
  • Les Egyptiens utilisaient le safran pour teindre les bandelettes des momies, peindre des papyrus, des murs, du bois, …
  • L’empereur romain, Marc-Aurel aurait adoré teinter sa peau en prenant des bains au safran.
  • Au Moyen-âge les enlumineurs décoraient les parchemins ou livres sacrés avec du safran plutôt qu’avec de l’or.

 De nos jours, en raison de sa rareté et son coût élevé, il est remplacé par des colorants moins chers, comme le curcuma dont la couleur reste proche de celle du safran, sans jamais l’égaler.

Son application en cosmétique

L’usage du safran en cosmétique remonte à des milliers d’années. Ses propriétés notamment anti-oxydantes étaient déjà connues et reconnues.

  • On dit que Cléopâtre mettait du safran dans son bain au lait d’ânesse.
  • Les femmes orientales utilisaient le khôl (comprenant du safran) comme produit de beauté et de protection oculaire contre les agressions du vent et du sable.
  • De la même façon, le safran est utilisé dans les maquillages traditionnels tels que le bindi, point rouge que les femmes hindoues portent sur le front.
  • Les femmes berbères utilisent le safran lors de leurs fêtes dans une pâte qui recouvre les cheveux, et pour tracer des traits sur le visage, un contour du front, des joues et du menton, ainsi que certains motifs destinés à chasser le mauvais œil.
  • Le blond vénitien des femmes italiennes de la Renaissance était obtenu par un mélange à base de safran et de citron après une exposition au soleil.

De nos jours le safran est toujours utilisé dans l’industrie cosmétique. Ainsi on peut le voir apparaitre dans les compositions de parfums, eaux de toilettes, produits hydratants, shampoings, savons, …