UTILISATION

La palette d’utilisation du safran est large : cuisine, teinture, pharmacologie, cosmétique.

Son rôle culinaire 

Le safran est un exhausteur de saveurs ; il parfume et relève les arômes des plats salés ou sucrés (viandes, poissons, légumes, fromages, desserts, boissons) sans en altérer le goût.

Le safran se caractérise par un goût amer et un parfum proche de l’iodoforme ou du foin. Il possède également une note métallique.

Son arôme chaleureux, sa capacité de coloration unique et ses vertus en font l’épice la plus prisée.

Le safran étant déshydraté à environ 80%, il faut lui laisser beaucoup de temps pour qu’il puisse restituer son arôme et sa couleur.

Pour cela il faudra le faire infuser dans le liquide de votre choix (eau, lait, vin, crème liquide, suivant ce que vous cuisinerez) au moins 24 heures à l’avance. 48 heures serait l’idéal !

Votre liquide infusé de safran sera versé dans les dernières minutes de cuisson, de préférence avec les pistils.

Attention, ne le mettez jamais à bouillir, comme la plupart des épices, il ne supporte pas l’ébullition, ni les températures trop élevées.

Ses propriétés tinctoriales

Bien que très onéreux, le safran a été largement utilisé dans les colorations et teintures (seul ou associé à d’autres colorants).

Le safran compte 5 colorants différents (des caroténoïdes) solubles dans l’eau, dont la crocine – contenue dans les pistils – est la plus puissante.

1 gramme de safran peut colorer 100 litres d’eau d’un jaune lumineux. Mais d’ans l’eau seule, cette coloration restera instable et pâlira.

Depuis l’Antiquité le safran a servi à colorer des soieries, des draps, des tissus :

–          En Grèce, les tuniques couleur safran étaient réservées aux rois. Plus tard, le safran servira à teinter les voiles des jeunes mariées.

–          Les moines bouddhistes, après la mort du Bouddha, coloraient leurs toges de ce jaune « solaire », cette couleur sacrée symbole de pureté, de sainteté et d’immortalité.

–          Les Egyptiens utilisaient le safran pour teindre les bandelettes des momies, peindre des papyrus, des murs, du bois, …

–          L’empereur romain, Marc-Aurel aurait adoré teinter sa peau en prenant des bains au safran.

–          Au Moyen-âge les enlumineurs décoraient les parchemins ou livres sacrés avec du safran plutôt qu’avec de l’or.

 De nos jours, en raison de sa rareté et son coût élevé, il est remplacé par des colorants moins chers, comme le curcuma dont la couleur reste proche de celle du safran, sans jamais l’égaler.

Son application en cosmétique

L’usage du safran en cosmétique remonte à des milliers d’années. Ses propriétés notamment anti-oxydantes étaient déjà connues et reconnues.

On dit que Cléopâtre mettait du safran dans son bain au lait d’ânesse.

Les femmes orientales utilisaient le khôl (comprenant du safran) comme produit de beauté et de protection oculaire contre les agressions du vent et du sable.

De la même façon, le safran est utilisé dans les maquillages traditionnels tels que le bindi, point rouge que les femmes hindoues portent sur le front.

Les femmes berbères utilisent le safran lors de leurs fêtes dans une pâte qui recouvre les cheveux, et pour tracer des traits sur le visage, un contour du front, des joues et du menton, ainsi que certains motifs destinés à chasser le mauvais œil.

Le blond vénitien des femmes italiennes de la Renaissance était obtenu par un mélange à base de safran et de citron après une exposition au soleil.

A Rome un parfumeur créa une eau de rose avec entre autre du safran comme ingrédient.

De nos jours le safran est toujours utilisé dans l’industrie cosmétique. Ainsi on peut le voir apparaitre dans les compositions de parfums, eaux de toilettes, produits hydratants, shampoings, savons, …

Le safran en médecine : voir les « Vertus »